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 Shin Jeong In | Mindy

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AuteurMessage
Shin Mee Kyung | Jung Ran
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Age : 38
Localisation : Là où elle ne devrait pas ^^

MessageSujet: Shin Jeong In | Mindy    Mar 14 Aoû - 16:12




Shin Jeong In | Mindy




Dénomination

Nom - Shin
Prénom - Jeong In
Surnom - Mindy
Origine

Âge - 26 ans
Anniversaire - 13 Septembre
Origine - Séoul, Corée du Sud
Occupation - Neurochirurgien et diagnosticien à l'hôpital




Fiche santé

Taille - 1m75
Poids - 47kg
Groupe sanguin - AB+
Sexe - Féminin
Orientation - bisexuelle à tendance plutôt hétérosexuelle
Maladie(s) - souffle au coeur
Opinions personnelles

Prostitution - L'a pratiquée autrefois, ne l'encourage pas
Drogue - en a consommé durant l'adolescence (héroïne, cocaïne, extasie, herbe), n'en consomme plus
Alcool - en consomme chaque fois qu'elle sort mais du fait de son poids ne le tient pas si bien
Tabac - fume

Vie


Personnalité - Jeong In est une personne joyeuse de nature. Comme elle est très belle, elle a toujours eu ce qu'elle voulait, du coup elle est aussi insouciante que têtue. Peu timide, elle supporte mal qu'on la juge sans savoir et estime que tout le monde doit être respecté en tant que vie humaine... du moins, tant qu'on ne connaît pas la personne et qu'on ne peut donc pas se permettre de la juger. Elle n'acceptera de prendre en compte votre autorité que si vous le « méritez » en quelque sorte: il vous faudra donner des explications valables si vous voulez qu'elle vous écoute.

Elle est très curieuse – surtout pour ce qui est de la vie privée des personnes proches d'elle. C'est une personne directe et sincère, ce qui n'est pas vraiment une qualité chez une fille de bonne famille.
Elle n'est pas jalouse, adore avoir le dernier mot et avoir raison. Il lui arrive d'être capricieuse et la plupart des gens qui ne la connaissent pas la jugeront sûrement immature alors qu'elle tente surtout de dissimuler une profonde blessure, un manque de confiance en soi et une peur d'être abandonnée. Ce n'est pas un point d'ombre de son coeur qu'elle refuse de s'avouer, elle est étonnamment claire et à l'aise avec elle-même car la vérité ne l'effraie pas.
Elle admire énormément sa soeur ainée. Elle la considère comme sa seule famille, bien que parfois elle se montre égoïste et qu'elle n'en fait qu'à sa tête sans penser aux conséquences pour les autres – y compris pour sa soeur – mais c'est, en réalité, toujours pour mieux revenir vers ceux qu'elle aime. C'est une personne brillante et hyper sensible. Elle est généreuse et ouverte aux autres. Elle est toujours la première à faire la fête comme elle est tout à fait capable de s'arrêter en voyant un inconnu mendier dans la rue et, non comptant de lui donner de l'argent, lui paiera un repas chaud et discutera avec lui comme si de rien n'était pendant un bon quart d'heure.
Elle est très exigeante envers elle-même et envers les autres mais elle est prête à pardonner si tant est qu'on lui présente des excuses.

Elle rejette ses origines de bonnes familles, cherchant avant tout l'anonymat et une vie qu'elle sera libre de diriger comme elle l'entend. Toutefois, elle apprécie l'argent qu'elle a, entre autre de la part de sa famille. Du fait d'avoir vécue en Europe et aux Etats-Unis, elle a parfois des attitudes et des comportements qui paraissent déplacer en Corée. Ainsi, elle ne s'incline que pour s'excuser – et encore cela dépend des personnes, des circonstances et de son humeur – préférant largement la poignée de main ou la bise lorsqu'il s'agit de dire bonjour à quelqu'un.

Physique - Jeong In est ce qu'on appellerait une belle plante. Mais alors vraiment belle ! Le genre de femmes au charme magnétique. Souple comme une liane, elle a une silhouette grande et élancée qu'elle préserve avec du sport et un régime végétarien aux portions restreintes - pas difficile avec son appétit d'oiseau ! Bien qu'elle frôle la maigreur, elle conserve une poitrine généreuse et un charme fou. Elle a un beau visage, illuminé par deux grands yeux bruns très expressifs et un magnifique sourire. Tout en longueur et en finesse, elle arbore des jambes interminables, des mains délicates, un cou long et fin, des cils à la courbure impressionnante. Ses longs cheveux noirs se répandent jusqu'à ses reins, créant un contraste avec sa peau pâle et soyeuse.

Histoire -
26
1,75
50
90A
80
845 687 899
27
3
2
1


Voici la vie de Shin Jeong In résumée en quelques chiffres.
Voici la vie de Shin Jeong In.
Voici ma vie.


Je suis la fille de 26 ans mais qui en paraît 20 dont vous matez le décolleté depuis une bonne demi-heure, assis en face de votre femme de 45 ans, dans un resto chic de Séoul. Je vous ai vu, bien sûr, suivre mon cul du regard quand je suis arrivée, ne portant que ma robe Prada noire et mes talons de 20 cm. Enfin ! Ma robe ! Disons celle que j'ai emprunté à ma soeur pour un soir...
Dans quelle position m'imaginez-vous tandis que je savoure les bulles acidulées et le goût frais d'un champagne français à 20 millions de won la bouteille ? Offert par un inconnu pour un sourire !
Je vous ai à l'oeil tandis que vos yeux traînent, hypnotisés, sur mes jambes interminables ou ma gorge délicate lorsque je rejette la tête en arrière en riant.
Vous vous demandez peut-être combien ont coûté mes boucles d'oreilles ou ma rivière de diamants ? L'un ou l'autre, plus cher que les bijoux que vous n'offrez plus à votre femme que par habitude, pour payer votre tranquillité plus que pour vous faire pardonner vos petites escapades à droite à gauche.
En parlant de votre femme, que croyez-vous qu'elle pense tandis qu'elle vous voit crever de jalousie devant ce beau trentenaire au sourire de charmeur et aux yeux de chasseur brillant d'excitation qui remplit à nouveau mon verre à moitié vide d'un délicieux vin blanc, onctueux et fruité ?
Quelle torture, n'est-ce pas ? Cette tension qui vous tient tandis qu'il me glisse un mot à l'oreille et que mon pied frôle sa jambe ?
Le monde s'est arrêté pour vous comme pour tous les hommes que compte cette salle dès que je suis entrée, seule bien sûr. Vous avez pu rêver de la sorte, avant que mon ami n'arrive. Maintenant, vous ne vous sentez plus que comme un vieux chasseur renvoyé dans l'ombre par un plus jeune et plus fort que lui et qui étouffe, la chair meurtrie par le désir.
Mais, non, monsieur ! Je ne suis pas toujours aussi cynique ! Il faut bien que mon personnage aille avec la robe!

En vérité, je me préfère en petite fée ! Une petite fée presque mariée...

Mais je commence par la fin !

Mon histoire, elle, commence des années plus tôt – bien plus que vous ne l'imaginez. Elle commence ici, à Séoul, le 13 Septembre 1986.
Ma famille vient d'un milieu aisé. C'est une noble et ancienne famille, appartenant à l'élite de la société coréenne depuis de nombreuses générations. J'ai grandi dans une belle propriété, entourée d'amour et d'affection. Une vie de rêve, toute en rose ! J'avais une chambre immense, un matelas d'eau, autant de jouets et de robes que je le souhaitais, des parents qui m'aimaient, une soeur que j'adorais... Je menais la vie facile !
Malheureusement, même chez les gens les plus respectables se cachent parfois un tout autre genre de personnage. Un pervers – dans le sens médicale du terme – peut parfois arriver à se glisser dans le jardin fermé de ces familles bâties sur ses notions de respectabilité et d'honneur. Cet homme, donc, trouvait planant de se prendre pour le prince charmant des deux petites filles de ses patrons, oubliant que ce n'était pas à lui de leur faire découvrir les précieuses sensations de plaisir et les délicieux frissons que peuvent donner un corps caressé, embrassé, léché, mordillé, étouffé dans des bras d'homme. Cet homme était jardinier, il avait été chaudement recommandé à mes parents. Le jardinier était poète, il aimait le beau et l’innocence. Il nous déflora, ma soeur et moi-même, avec beaucoup de tendresse et de délicatesse.

Cela vous dégoute monsieur ? Imaginer que j'ai été abusée, petite fille, par un homme, me rend si repoussante à vos yeux ?
Ce regard aussi, je l'ai vu chez mes parents lorsqu'ils ont découvert les perversions de leur jardinier. Des regards de dégoût, mais aussi la peur, la culpabilité, et la colère. La colère surtout. Une colère étourdissante comme une gifle. Ce fut l'unique fois où mon père a levé la main sur ma soeur. Dévastés, la souffrance étant si forte, mes parents nous ont rejetées, se sont cloître-murés dans le silence. Ils ne parvenaient même plus à nous regarder.
On ne nous a rien expliqué de ce qui était arrivé, de ce qu'on avait bien pu faire de mal ou pas. Nous avons compris plus tard, en grandissant. Car comment les enfants pourraient-ils savoir ce qui est bien ou mal, ce qui est permis ou non, si personne ne le leur dit ? Si les grands, les adultes, refusent de leur expliquer ?

Mais le souvenir restait. Alors nous avons déménagé. A Paris. Nouveau décor, nouvelle famille. Trop facile !

Je n'ai pas marché dans leur jeu. J'étais trop en colère. La souffrance était trop forte, comme un abcès qui me rongeait de l'intérieur. Une plaie purulente qui enflait jour après jour et suintait dans mes veines comme un poison. J’étouffais. J'ai bien essayé de crier et de taper dans les murs. Mais ça n'a plus suffit. Je me suis laissée entraîner, aveuglée par la colère. Voir tout en rouge, vous connaissez cette expression ? C'était exactement ça. Ma colère envahissait tout mon champs de vision et déformait la réalité.
Je me suis perdue de vue. Je me suis oubliée en croyant m'élever et m'affranchir de l'autorité de ces parents pour qui je n'avais plus aucun respect. J'ai commencé à avoir de mauvaises fréquentations tandis que mes résultats scolaires baissés et que j'étais de moins en moins à la maison. Mon père et moi ne nous tolérions plus. Ma mère pleurait de nous voir incapable de communiquer, de nous pardonner. Ma grande soeur... Ma grande soeur était la seule à encore espérer quelque chose pour moi.

Avez-vous remarqué comme la colère attire la colère ?

Les gens en colère se reconnaissent tout de suite. J'ai commencé à avoir beaucoup d'amis – plus vieux que moi – puis, plus tard, beaucoup d'amants. Et quand j'essayais d'avoir un petit copain, mes histoires ne duraient jamais plus de deux semaines. Un mois était la limite maximum ! La seule ligne directrice que j'arrivais à conserver dans le brouillard de l'alcool et des drogues était la déception et la colère que j’éprouvais contre mes parents.
J'avais compris, bien sûr, que leur colère et leur indifférence, c'était parce qu'ils n'avaient pas su comment réagir, parce que, déroutés, ahuris, ils étaient tombés dans un puits sans fond de douleur. Douleur de ne pas avoir su, de ne pas avoir vu, de ne pas avoir réussi à protéger leurs petites filles. Culpabilité d'avoir invité le monstre à rentrer chez eux.
Alors, me direz-vous, pourquoi vous montrez si en colère ?
Parce que je voulais des excuses.
Qu'ils n'aient pas su réagir au mieux, nous pouvions le comprendre, il aurait suffit qu'ils le reconnaissent. Qu'ils reconnaissent le mal qu'ils nous avaient fait en nous rejetant comme si nous étions des monstres, comme si c'était à nous que revenait la faute, nous les responsables. Je voulais juste qu'ils reconnaissent leur erreur et qu'ils s'excusent. Mais ils n'en ont rien fait. Ca aurait été intolérable. Ils ont préféré étouffer cette histoire dans le silence, exiger sans rien dire qu'on ne revienne plus jamais dessus. Ils ont fait ce qu'on fait toujours dans notre monde si fermé...

Ma vie n'a donc été qu'un tourbillon de fumée et de fête pendant mes années de lycée. Comme la réalité me dégoûtait, je je faisais comme si je vivais encore dans le monde des bisounours. Seule ma soeur était un point fixe dans ce monde tourbillonnant. J'étais prise dans le présent, retenue par le passé, et incapable d'envisager un avenir. D'ailleurs, à part Mee Kyung, personne n'envisagait plus d'avenir pour moi.
Mee Kyung était ma bouée, mon phare dans mon orage, ma trouée de ciel bleu dans la tempête de mon coeur et de ma tête. Ma soeur était toujours là pour me ramasser, pour panser mes plaies et soigner mes bleus, pour essayer de me ramener sur le bon chemin. Pour me ramener tout court. Mais plus elle me protégeait et plus je m'enfonçais la fois suivante. Jusqu'à ce qu'un jour, quelque chose change...
Ce jour là, ma soeur fut contrainte de me laisser m'en sortir seule. J'étais allée tellement loin que même elle, même avec toute la volonté qu'elle y mettait, ne pouvait plus me sortir du gouffre. Je me suis donc retrouvée seule, coincée sur un banc dans un vestiaire du lycée, filmée pendant que les gars me passaient sur le corps. Et si je n'avais pas vu ma soeur obligée de battre en retraite, si je ne l'avais pas vu quitter la salle sans moi, ça n'aurait été qu'une fois parmi tant d'autres. C'est la première fois que j'ai eu peur de ce qui pouvait m'arriver.
Finalement, c'est le désir de survie qui m'aura poussée à reprendre le dessus et à obtenir mon bac avec deux ans d'avance, première de ma promotion.

J'ai toujours été jolie.
J'ai toujours eu ce truc qui faisait se retourner les hommes sur mon passage sans que je ne fasse quoi que se soit.

A quatorze ans, j'ai couché pour la première fois. Il en avait 19. Nous avions fumé des joins et nous étions saouls. J'étais jeune et jolie – très jeune et très jolie même – je n'avais rien à faire pour avoir tout ce que je voulais.
Le problème avec la beauté, c'est qu'elle engendre souvent la haine. J'étais une belle femme et les hommes me désiraient autant qu'ils me haïssaient. C'est, je crois, une haine millénaire qui vient de ce qu'il y a de plus profond en l'homme. Une rancoeur envers celle dont l'homme ne peut se défaire et qui lui fait perdre le contrôle de son corps, même sans rien faire et parfois à leurs dépends à tous les deux. Une haine jalouse contre la seule qui puisse donner la vie. La seule qui puisse donner la vie, plaçant l'homme, même foetus, dans une totale et rageante dépendance à la femme.
Tout ceci, je ne l'avais pas encore compris lorsque j'ai rencontré Clark pour la première fois. J'avais 16 ans, il en avait plus du double. C'était au vernissage d'un photographe suédois. J'avais posé comme modèle pour lui, des photos nues. J'avais essayé plus par curiosité que pour gagner un peu d'argent de poche : de l'argent, j'en avais plus que je ne pouvais en dépenser ! A cette époque, je commençais déjà à me lasser des hommes : tout était trop facile, il n'y avait plus de jeu à obtenir ce que je voulais. Clark était un photographe et un écrivain américain célèbre. Il était de passage à Paris et en avait profité pour voir un peu ce qui se faisait dans cette galerie d'art réputée novatrice. Il était connu, grand, séduisant. Il avait l'âge d'être mon père quasiment.
Je me suis vendue à ses yeux gris.

J'ai d'abord été son modèle avant de devenir sa maîtresse, puis, finalement, sa femme. J'avais tout juste 18 ans. J'étais jeune, belle, naïve. Je voulais changer le monde et j'avais besoin qu'il m'aime. Sur ses photos, j'étais toujours nue. Parfois morcelée. Parfois les membres découpés. Parfois la peau trouée. Parfois éventrée. Mais j'étais surtout adorée, désirée, aimée. D'un amour tordu. D'un amour haineux. Mais un amour tout de même. Un amour dont j'ai été la prisonnière pendant plus de quatre ans.
Pendant trois ans, je lui offert mon corps, corps qui disait : « Regarde ! Tu vois tout ce que je suis prête à faire pour toi ! Pour que tu me regardes ! Je te laisse me trouer, me percer, me déchirer, me violer, me brûler, m'attacher, m'entailler, m'étrangler, me tabasser, me donner en pâture à tes amis... ».
J'ai lu tous ses romans. Tous parlaient d'une jeune femme brune coréenne, grande et belle, mais terriblement naïve. Elle pensait pouvoir changer les choses et collectionnait les amants comme les désillusions. Elle finissait par mourir par suicide ou sous les coups d'un amant violent et possessif.
Le plus cruel, c'était que l'amour qu'il avait pour moi existait bien. Immense. Aussi vaste et profond que l'océan. Et c'était là, justement, notre malheur. Car un amour aussi fort, c'est forcément douloureux.
A tout juste 19 ans, je suis tombée enceinte de Clark. Nous avons décidé de garder le bébé. J'ai donc accouché, huit mois et deux semaines plus tard, d'un petit garçon. Il s'appelait Anthony, et c'était l'enfant le plus merveilleux du monde ! Malheureusement, la vie avait décidé que nous ne devions pas garder ce bonheur. La veille de Noël, alors que nous traversions tous les trois à la recherche des derniers cadeaux qui nous manquaient, Anthony perdit son bonnet, emporté par le vent qui soufflait fort. Clark partit le récupéra sur le passage piéton, trois pas plus loin. Anthony, qui ne voulait pas laisser son père tout seul, voulut le rejoindre. Le feu était vert pour les piétons, il aurait du n'y avoir aucun danger... La voiture n'a même pas klaxonné.
Notre fils est mort deux jours après l'accident.
Notre couple n'y a pas survécu.
Nous divorçâmes le 2 Mars 2007.
Je quittais les Etats-Unis deux semaines plus tard et débarquais à Séoul après des années d'absence.

Séoul.
La ville de mon enfance révolue. Un jour, alors que j'étais de garde aux urgences, on me confia un patient étonnant : environ trente ans, il portait un costume fait sur mesure, des chaussures italiennes, une montre hors de prix... et avait déclenché une bagarre dans un bar ! Sa chemise blanche était couverte de sang, sa cravate irrécupérable, sa veste déchirée. Ses cheveux – d'ordinaire impeccablement coiffé avec la raie bien au milieu, elle en était sûre – étaient en tout sens. Il avait la lèvre inférieure enflée, l'oeil tuméfié, s'était cassé une côte, le nez, et on lui avait ouvert le crâne avec une bouteille. Malgré tout, il avait l'oeil pétillant et jouait les hommes forts en tachant de minimiser sa douleur devant moi. Il me regarda en souriant lui poser ses pansements, sans rien dire. J'avais l'étrange impression de l'avoir déjà vu quelque part, mais impossible de savoir où et quand ! Son nom, Lee Tae Hyen, ne m'évoqua rien non plus.
Tandis que je lui recousais le crâne après avoir ôter un à un tous les morceaux de verres de la plaie, je demandais :
« Expliquez moi, s'il vous, plaît, pourquoi un homme qui porte une chemise à 400 dollars déclencherait une bagarre dans un bar en s'en prenant à un inconnu ? »
« Ca paraît incongru, je sais ! » sourit-il en se passant machinalement sa main dans ses cheveux. Je l'arrêtais aussitôt, toujours occupée à ma couture.
« Je ne sais pas ce qui m'a pris. » avoua-t-il. « J'ai vu ce type, ivre, harcelé une jeune femme. Ses amis avaient beau lui demander de la laisser tranquille, il n'écoutait pas, mais personne n'était prêt à prendre clairement la défense de cette jeune femme ! Alors, je me suis levé et je lui ai demandé d'arrêter ! » dit-il simplement.
« Et je devine qu'il ne vous a pas écouté ! » continuais-je.
« Non, en effet !... Ce qui m'a poussé à lui envoyer un coup de poing dans la figure. » dit-il le plus naturellement du monde, ce qui me laissa déconcertée.
« Parce que ça vous arrive souvent d'envoyer comme ça des coups de poings ? » riais-je.
« Non ! En fait, c'était peut-être bien la première fois ! » avoua-t-il avec un sourire timide qui ne manqua pas de faire son petit effet sur moi. « Mais je pensais que j'avais raison de le faire... Jusqu'à ce que j'apprenne que cette fille était en réalité son ex-petite amie qui l'avait laissé tombé pour son meilleur ami et qu'il était venu précisément pour oublier ce soir-là. » avoua-t-il, confus.
« C'est sans doute pour ça qu'en général, il vaux mieux discuter d'abord, frapper ensuite ! » tentais-je de plaisanter. « Mais je ne comprend toujours pas ce que vous faisiez dans ce bar. » avouais-je.
« Vient-on dans un bar pour autre chose que pour boire ? » sourit-il.
« Ce n'est pas ce que je voulais dire ! » rougis-je, gênée à mon tourd. « C'est juste que... Vous semblez être un homme soigné et pas du genre à aller boire un coup tout seul... »
« En dehors du bar classieux de mon hôtel particulier ? » sourit-il, une ombre de tristesse dans les yeux. « Vous avez raison. » soupira-t-il. « Là encore, je ne sais pas ce qui m'a pris. J'ai passé une journée ennuyeuse, j'avais envie de me changer les idées, alors je suis allé marcher. Sans m'en rendre compte, j'avais fini par quitter mon quartier habituel. J'ai allumé une cigarette, pensant rentrer, lorsque j'ai vu l'enseigne néon de ce bar, et je me suis dit : « Pourquoi pas ? Pourquoi n'irais-je pas me changer les idées dans ce bar que je ne connais pas comme les gens normaux ? ». Et j'ai poussé la porte ! »
Il semblait sincère. Son visage avait prit des traits étonnamment tristes et las tandis qu'il racontait son histoire. Comme j'allais lui signaler que j'avais fini, j'entendis une voix d'homme derrière moi :
« Monsieur Lee ! » appela-t-elle, ce qui me fit me retourner.
Un homme d'une soixantaine d'année, au visage ridé, taillé à la serpe, percés de deux yeux vifs, les cheveux gris soigneusement coiffés sur le côté, et portant un costume qui lui tombait à la perfection se dirigea vers eux. Le visage sévère, il n'avait pas l'air inquiet. Il s'inclina respectueusement, puis se présenta :
« Bonsoir ! Je m'appelle Cho Sang Hoon, je travaille pour Monsieur Lee. »
« Docteur Shin, enchantée ! »
« Shin ? De la famille Shin, peut-être ? »
« En effet, Monsieur ! »
« Je suis ravi de voir que vous êtes de retour dans votre pays. Nous nous sommes déjà rencontrés, mais vous étiez très jeune à cette époque ! Vous ne devez pas vous souvenir. » Puis, se tournant vers le blessé : « Enfin ! Comment va-t-il ? Est-ce qu'il guérira vite ? »
« Et bien, on pourra sûrement lui ôter son plâtre dans trois semaines. Il faudra qu'il revienne dans une semaine pour qu'on lui retire les agrafes et les fils. La côté qu'il s'est fracturé risque, en revanche, de prendre plus de temps à se ressouder mais, pour cela, nous pouvons rien faire ! Il va falloir laisser faire le temps. »
« Et tacher de trouver une bonne excuse, n'est-ce pas ? » lâcha Tae Hyen tandis qu'il enfilait ses lunettes.

C'est alors que je le reconnus. Lee Tae Hyen ! Son père, comme sûrement son grand-père, avait fait fortune dans le commerce et la marine. La première fois qu'ils s'étaient rencontrés, c'était chez elle, dans la maison familiale. Elle devait avoir 12 ans. A Paris, c'était les vacances scolaires. Le père de Tae Hyen avait emmené son fils – d'un an de plus que Mee Kyung – avec lui. Il devait discuter avec mon père d'une affaire de détournement dans laquelle l'oncle de Tae Hyen était mêlé. Mee Kyun et Tae Hyen s'étaient facilement liés d'amitié. Moi, j'étais plus jeune...

« C'est tout ? » demanda monsieur Cho.
« Oui, il n'a qu'à remplir ce formulaire pour partir. Voici son ordonnance ! Ce sont des antalgiques, vous pouvez les prendre à la pharmacie de l'hôpital, au premier étage en tournant à gauche. »
« Je vous remercie. » sourit-il en prenant l’ordonnance. « Je vous rejoins dans une minute. » dit-il à Tae Hyen en lui posant une main sur l'épaule.
« Bien ! Voici votre questionnaire ! » sourit le jeune homme en se levant mais il manqua perdre l'équilibre et du s'appuyer sur moi.
« Merci pour votre charmant sourire ! » murmura-t-il avant de se redresser.
Je n'eu pas le temps de répondre que mon bipper se remettait à sonner. Je m'excusais et disparus. Lorsque je soulevais ma manche afin de regarder l'heure, je restais stupéfaite : ma montre avait disparue !... Et Tae Hyen aussi.


Tae Hyen était certainement la meilleure personne avec qui j'avais pu sortir. Pas d'amour tordu ou torturé entre eux deux, juste de la tendresse, de la générosité, de l'attention, de la confiance... De l'humanité. Tae Hyen n'avait rien à voir avec le monde que j'avais connu et dont je portais les marques...
Il serait sûrement le mari et le père de famille le plus merveilleux qui puisse exister !

Malheureusement, tant d'années à vivre une autre vie ne disparaissent pas aussi simplement. On sait dès le troisième homme qui passe que rien ne sera plus jamais comme avant, qu'il y aura toujours trop de douleur, trop de dégoût, trop de queues, trop de sperme, trop de trous, trop de sang, trop d'animaux...
Alors, angoissée face à ce nouveau genre d'amour que je ne connaissais pas et de peur de perdre l'homme que j'aimais, j'ai précipité ma chute. J'ai collectionné les amants sans même m'en cacher, je bousillais rendez-vous après rendez-vous tout ce que l'on construisait ensemble...
Mais il continuait à m'aimer.
Nous revenions sans cesse l'un vers l'autre. Aussi nécessaire l'un à l'autre que l'oxygène dans l'air que l'on respire. Je n'avais jamais rien connu de pareil à ce sentiment absolu d'être enfin complet avec quelqu'un.

Un soir, alors que je me rendais chez Tae Hyen, légère comme des bulles de champagne, un homme me suivit dans la rue. Il était grand, blanc. Il portait une casquette de base-ball, un blouson marron, un jean, des baskets. Un américain ordinaire. J'ai accéléré. Il a continué. Je n'ai même pas réalisé que je m'étais déjà mise à courir. L'homme me rattrapa et m'envoya butter contre la rambarde en fer rouillé d'un escalier. Il s'est jeté sur moi. J'ai crié. Lui ais envoyé un coup de pied bien placé. J'ai essayé de m'extraire de la ruelle. J'ai crié, prié pour qu'il y ait quelqu'un dans la rue. Mais la rue était déserte, le sol glissant. Je suis tombée. Quelqu'un m'a attrapée la jambe et m'a tirée en arrière. Je me suis retournée pour voir un poing s'abattre sur mon visage.
Je n'ai pas pu l'empêcher de me violer mais j'ai réussi à m'enfuir. J'ai couru, hébétée, appelant à l'aide, défigurée, le visage ensanglanté. J'avais mal. Je n'ai pas vu la voiture qui arrivait. Son klaxon résonnait encore lorsque je heurtais son pare-chocs et m'envolais. Je m'écrasais contre son pare-brise, faisant éclater le verre sécurit. J'ai perdu connaissance.

Je suis restée 37 jours dans le coma. 5 semaines et 2 jours. Tae Hyen fut la première personne que je vis en ouvrant les yeux. Mee Kyung franchit la porte de la chambre à peine une minute plus tard, deux café à la main. On du prévenir le médecin car il ne tarda pas non plus à apparaître, souriant. On m'interrogea, on compléta les blancs, puis le médecin lança cette phrase terrible :
« Rassurez vous ! Votre bébé, lui aussi, va bien ! »
Je n'ai pas tout de suite compris mais j'ai bien senti Tae Hyen se raidir à côté de moi. C'était impossible ! Je ne pouvais pas être enceinte, Tae Hyen avait été absent pendant deux semaines ! On allait justement se retrouver pour la première fois le soir où j'ai...
J'ai...

C'est impossible ! Dites moi que c'est un cauchemar !


Je n'ai plus prononcé un mot pendant toute ma période d'hospitalisation. C'était comme si la vie m'avait abandonnée, que j'étais déjà morte à l'intérieur et que j'attendais simplement que mon corps me rejoigne à l'intérieur de la tombe.
Un jour, alors que j'étais seule avec l'infirmière qui changeait mes bandages, j'ai vu le scalpel posé sur le plateau. J'ai eu une idée. Je l'ai pris et glissé dans ma main, sous les draps. Attendant que l'infirmière sorte. Attendant de pouvoir ouvrir ce ventre pour en sortir ce bébé dont je ne voulais pas ! Cet enfant qui n'aurait jamais du exister mais qu'un violeur m'a imposée comme une trace de son passage pour que je n'oublies jamais. L'enfant que j'espérais, ça aurait du être le notre. Celui de Tae Hyen.
Deux jours après ma sortie de l'hôpital, j'étais dans une clinique pour IVG. Ca a été rapide, à peine le temps de se demander : *Qu'est-ce qu'ils en font, ensuite, du foetus ? *

C'est des mois plus tard que, entraînée par une bande de copines et déjà saoule, j'ai découvert le Before The Dawn, ce club qui proposait les services d'hosts jeunes et beaux, prêts à vous faire croire qu'ils étaient fous amoureux de vous.


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